Racistes, loi sur le renseignement, pourquoi vous êtes tous des imbéciles

Racistes, loi sur le renseignement, pourquoi vous êtes tous des imbéciles

Racistes, sexistes, homophobes, antisémites, etc. Je vous épargne les définitions, vous voyez très sûrement de quoi je parle…

Imbécile, par contre, je me fends d’un petit rappel étymologique.
Une interprétation du mot « imbécile » est faite dans ce sens : « qui marche sans béquille. L’imbécile au sens étymologique serait donc celui qui n’a pas d’expérience et avance au risque de commettre des erreurs qui pourront le faire progresser. »

Moi qui suis aussi blanc de peau (trop) que possible, qui ne suis d’aucune réelle confession ou croyance, qui n’ai pas d’origines ou de pratiques sexuelles appelant à la haine des méchants idiots, je me targue pourtant d’une petite expérience en la matière.
Pauvre de moi (et Dieu, si il existe, a préservé mes enfants, sûrement aidé en cela par la génétique et la récessivité du gène MC1R), je suis roux.

Vous allez me dire : « on s’en fout »… et vous n’aurez pas tout à fait tort. Mais ne lâchez rien, j’illustre :
Il m’est arrivé, bien moins souvent que je l’aurais aimé, d’être la cible de réflexions du genre « J’aime bien les rouquins… sont sexy… »
Il m’est arrivé, bien plus souvent que je l’aurais aimé, d’être la cible de réflexions du genre « sale rouquin, race inférieure ».
J’ai vécu, étant môme, un bon gros lot d’insultes gratuites à ce sujet, c’est la vie. La plus marquante de ces expériences aura eut lieu beaucoup plus tard, tout à fait adulte, au beau milieu du jardin des plantes à Nantes (ville éduquée, lieu paisible, cadre aimable…) ou je fus interpellé par delà plusieurs allées verdoyantes par une jeune maman et sa copine, toutes deux véhiculant un bébé dans une poussette, au cri de (je cite de mémoire) « sale roux de merde, crève, on devrait tous vous brûler » (je cite partiellement, le reste était plus fleuri que le jardin). J’ai clairement entendu, tout le monde a clairement entendu, je n’ai pas bronché, personne n’a bronché, elles sont parties.

Ces histoires de racismes, de sexismes, d’homophobie, et de tous le reste, je pense les avoir comprises, pour l’essentiel, par cette petite expérience d’une différence qui n’est pas celle que l’on porte aux journaux télévisés, mais qui en recèle les mêmes grosses ficelles dégueulasses, m’offrant peut-être le recul suffisant pour ne pas tomber dans l’imbécilité des uns ou des autres, au moins sur ce sujet là.

Être roux, c’est une différence. Pas inférieure ou supérieure à une autre… juste une différence… comme il en existe des centaines, sur la couleur de cheveux, de peaux, les origines géographiques, les croyances, les façons d’être, etc, etc.

Rien ne réside, selon moi, dans la nature de la différence dont on parle. A minima, on s’en contre-cogne, au mieux, on se nourrit des siennes et de celles des autres (ce qui est tout à fait intelligent, Darwin vous dirait que j’ai raison).

Tout, selon moi, réside dans la nature du traitement de cette différence.
La relever pour en faire une force, un atout, une attente, une envie, une source de quoi que ce soit de positif, c’est l’œuvre d’une humanité qui a compris le sens dans lequel est censé tourner cette fichue planète et les sociétés qui sont dessus.
La relever pour l’établir en barrière et comptabiliser ceux qui se trouvent de part et d’autre pour en faire je ne sais quoi de toujours tout à fait pourri, c’est l’œuvre d’une humanité imbécile.
Imbécile en cela qu’elle manque si cruellement de recul sur sa propre existence qu’elle en vient à s’en prendre à ce en quoi réside sa richesse : la différence.

Une imbécilité souvent haineuse, souvent idiote, souvent inculte… et c’est là que ça en devient intéressant sur ce blog qui est censé parler de Pragmatisme Digital (c’est la base-line du site), j’y viens.

Je rédigerai un post, un de ces jours, sur l’éducation et ce que j’en pense… mais là, je souhaite ouvrir le débat sur les décisions politiques qui sont en train d’être prises actuellement et visent à « fliquer » le « web » pour « pénaliser » les « propos » dits « haineux ». (ce qui fait beaucoup trop de guillemets pour moi).

Et si, au lieu de vouloir tout endiguer, tout contrôler, tout enregistrer, on préservait les libertés individuelles et que l’on combattait intelligemment les propos haineux ?
Laissons tomber « les anti-roux », on s’en fout, occupons-nous des « propos anti-quelque chose », et tentons de faire évoluer les mentalités plutôt que d’imposer la raison à des oreilles qui n’y sont pas prêtes.
Et si on condamnait la violence plutôt que le web ?
Sans déconner ?

J’ai cru entendre que les « flics du web » chargés d’endiguer la chose, sont au nombre de quelques dizaines en France… sans déconner !
Du coup, on lance des usines  gaz d’enregistrement de toutes les données persos, dans l’optique de pouvoir suivre et poursuivre les auteurs, si un jour, par je ne sais quel miracle heureux ou malheureux, ça peut devenir utile.
Sans déconner…

Pragmatiquement, il faudrait une solution simple et efficace pour dénoncer et punir ceux qui attisent la haine, prônent la violence, dressent les gens les uns contre les autres…
Pour ce qui est de punir, il me semble bien que la loi le prévoit déjà… est-ce vraiment nécessaire d’en faire une autre ?

Pour ce qui est de détecter et dénoncer, il me semble qu’une belle petite équipe d’une vingtaine de pros du web peut rapidement nous concocter un bel outil, fiable, qui détecte les propos haineux ou violents sur la toile (sans enregistrement de quoique ce soit) et dresse en masse les PV adéquats.

Je suis certain que c’est faisable, un outil qui traque la haine en ligne.
Et c’est faisable avec bien moins de centaines de millions d’euros que ce que les ministères concernés semblent vouloir annoncer… (tout en expliquant que les personnes qui le gèrent sont 10 dans un bureau avec les mêmes moyens que ma petite PME).

Oh, le but ne serait pas de relever tout, partout, tout le temps. Ce serait simplement d’avoir le même type d’outil que les saloperies de radars sur les routes : ça ne t’empêche pas d’accélérer après, mais ça t’a fait ralentir avant, et en moyenne, ça te fait rouler moins vite.
Pas parce qu’il y a des radars absolument partout, mais parce que le fait d’en voir de temps en temps à fait prendre conscience à beaucoup que rouler vite, c’est dangereux.
Et je vais vous dire un truc : la haine, c’est dangereux.

Pragmatiquement : visons la haine plutôt que la différence ! Soyons intelligents et marchons avec des béquilles sur ce terrain dangereux.

Digitalement (ça n’existe pas, je sais) : développons un joli petit outil d’analyse des écrits sur le web pour balancer les PV qui vont bien aux services de justice et hop, on prend le sujet dans le bon sens.

Oh, je sais, ce n’est pas si simple.
En effet, mais c’est faisable.
Et les conséquences peuvent être incomplètes (on ne parle ici « que » des propos haineux) et demander beaucoup de fonctionnaires pour être gérées.
En effet.

Mais si nous refusions les solutions qui peuvent marcher parce qu’elles peuvent marcher, ne serions nous pas tous des imbéciles ?

 

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