Les taxis contre le darwinisme digital

Encore une fois, j’ai du mal à comprendre ces vagues étranges qui viennent se casser sur ma boite crânienne à longueur de journaux télé…

Cette fois-ci, le sujet du moment concerne les taxis.

On va la faire courte (ça me changera) : je ne comprends absolument pas le manque de discernement, d’intelligence, de… pragmatisme des taxis.

Ils sont contre Uber. Ok. Qu’ils ne soient pas vraiment ravis, ça je comprends bien. Arrive un énième concurrent, avant d’autres plus violents encore, qui va modifier leur marché et les mettre sur le carreau si ils n’évoluent pas : sont pas contents, ok.

Mais avant Uber, il y avait le covoiturage, avant le covoiturage, il y avait bien d’autres choses encore, la plus pénalisante pour eux étant à mon sens… eux-mêmes.

Pour vous exprimer clairement ma pensée : depuis toujours, j’entends dire (et j’expérimente souvent, pas toujours mais souvent), que les taxis, notamment parisiens, sont mauvais, méchants, mal-aimables, malpolis, ne font pas bien leur job, voire, comble, conduisent mal.
N’est-ce pas là leur réel défaut de business ?

Uber offre aux clients (les seuls qui comptent, voyez ?) un service identique fonctionnellement, en plus convivial et moins cher.
Pourquoi les taxis n’ont rien fait depuis 30 ans pour se mettre à la convivialité et aux prix (sans déconner, une licence de taxi coute 200.000 parait-il… et pourquoi ? Nan, mais faut pas déconner !) demandés par leur marché ?

30 ans pour évoluer vers la demande de leur marché. 30 ans perdus… C’est bien plus que le temps disponible à n’importe quelle entreprise française pour évoluer avant d’être tué par son marché ! Bien plus.

Et maintenant, il semble que les taxis, plutôt que d’évoluer (enfin) ou d’aller vers une mutation de leurs services, décident de râler (plus), d’impressionner physiquement leurs concurrents…
Mais cette stratégie là ne marche jamais ! Jamais ! Au mieux elle précipite la chute.

Cette affaire qui n’en est pas une est pour moi une illustration du darwinisme.

Amis taxis, dans son environnement, sachez que ce n’est pas le plus costaud qui survit, c’est celui qui s’adapte le mieux !

C’est ainsi depuis que le monde est monde.
Après, si vous voulez vous fâcher et capitaliser sur les moyens les plus idiots pour lutter, soit… ça épurera le marché et donnera une opportunité de plus aux journaux télé de tenter de dire des trucs intelligents.

Ah, pour info amis taxis, après Uber, il vous faudra gérer les voitures sans chauffeur sur tous les trajets standards de nos villes (vous visualisez le trajet aéroport-gare, qui vous amène un sacré volume d’affaires dans notre beau pays touristique ?)…
Et ça arrive…
Vite…Dans bien moins de 30 ans !

Commentaires ( 2 )

  1. Sim said:

    Bien qu’étant en accord avec tous les points que tu évoques, j’avoue que de mon côté j’ai vraiment du mal à avoir un avis clair là-dessus. Lorsqu’on est enfermé dans une situation réglementée c’est très difficile d’en sortir. Prenons un exemple que tu connais bien : la formation professionnelle. Si aujourd’hui, on décidait pour je ne sais quelle (mauvaise) raison de ne plus imposer au entreprise d’allouer un pourcentage de leur masse salariale à la formation de leurs employés, cela provoquerait un immense bouleversement dans ce secteur d’activité. Même si la situation n’est pas complètement comparable, la profession de taxi est très réglementée (nombre de licences limité, permis spécifique, horaires de travail contrôlés, etc.), sans l’être totalement non-plus (n’interdisant pas la spéculation sur la valeur de la licence, en particulier). L’arrivée des VTC et d’Uber, redistribue complètement les cartes (comme Airbnb pour hostellerie), quelle soit légitime ou non, la colère des taxis n’en demeure pas moins parfaitement pragmatique de leur point de vue… D’autant plus qu’étant principalement une profession d’artisan, il semble difficile pour eux de se structurer et de faire passer un message clair (les JT le montrant de la plus belle des manières). A mon avis, le problème dont il l’est question ici est essentiellement politique et sociétal : visant à faire évoluer, si possible en douceur, une profession qui est de moins en moins en adéquation avec les évolutions technologiques et les besoins des usagers…

  2. laurent said:

    Je suis d’accord, il faut s’adapter pour survivre. Dans moins de 5 ans il y aura dans les villes des taxis Google car,ou autre,) qui arriveront toutes seules.elle nous passeront la musique ou la radio de notre choix. Et prendront le chemin le plus court, le plus rapide.

    Nous n’aurons pas à subir les états d’âme du chauffeur.

    Le combat est déjà perdu d’avance pour ces irréductible gaulois….S’adapter ou mourir .. Il n’y a pas de choix.

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