Startup, mon amour…

« Startup : Jeune entreprise, souvent innovante, promise à une croissance importante et rapide. »

Bien, bien, bien…

Dans notre tout petit univers digital/numérique (rayez la mention qui vous ennuie), on en a des Startup ! Beaucoup. Beaucoup.

En tous les cas, ma Twit-list en voit passer des concours de startup. Et ça m’intéresse beaucoup : « innovation et croissance importante et rapide », ça a vraiment un parfum de révolution digitale/numérique (pareil) qui ne peut que me donner une envie féroce d’en savoir plus.

Mais franchement, le parfum se voit doubler d’une effluve inconfortable pour moi… une sorte d’incompréhension latente… Un concours de Stratup… ça ne rentre pas dans mes cases… Mais qu’est-ce qui peut bien chiffonner mes neurones dans ces rendez-vous apparemment vertueux ?

Cogitons ensemble. (ça ne fait pas mal, promis)

Une startup, c’est une entreprise. Pas un projet, pas une idée, c’est une société.
Dans l’inconscient collectif, une société dont le Siret renvoie à un garage dans lequel 2 jeunes génies ont trouvé l’idée du siècle.
Pas de bol, cette société n’a pas de moyens. Que dalle. Ils sont jeunes donc sans le sou, et donc tout-innocents dans ce vaste et impitoyable monde de l’entrepreneuriat.
Ils sont pourtant géniaux, c’est ballot. Mais géniaux en trouvage (trouvation) d’idées. Pas du tout en construction d’une entreprise, pas du tout en développement de leur idée, pas du tout en croissance de leur activité, pas du tout en construction de synergies, ils sont juste mi-géniaux, mi-nounouilles (et re-mi-géniaux derrière).

Bon, on est d’accord, il leur faut de l’aide. parce que si ces gars là trouvent leur complémentarité qui soit mi-nounouille (en idées) et mi-géniale (en tout le reste), fortune est faite ! Ça vaut le coup de chercher.

Naissent donc les concours de startups, les fonds pour startup, les aides pour startup, les programmes de financement pour startup.
Une startup, c’est une entreprise. Pas un projet, pas une idée, c’est une société.
Et ces évènements et dispositifs sont trèèèès clairs. C’est une entreprise que l’on cherche à distinguer… Pas du tout, du tout un projet. (Il y aurait une envie de financeurs de répartir des tous petits risques en s’assurant une rentabilité de leurs placements, que ça ne m’étonnerai pas…)

En effet, si on regarde de plus près les conditions de ces aides/concours/budgets/évènements/financements/etc., on se rend compte très vite que si votre entreprise a plus de x années, elle est disqualifiée d’office. De même si vous avez déjà des fonds, ou plus de x euros de capital, ou plus de x salariés, etc.
Bref, clairement, les critères sont posés sur l’entreprise, sur la structure en elle-même, et aucunement sur le projet.

Je ne sais pas vous, mais moi, perso, si je suis à la recherche d’une super-idée ou d’un super-projet et que j’ai une équipe de 15 riches quarantenaires bossant chez Google qui souhaite venir m’en parler, bah je ne claque certainement pas la porte au nez ! Oh que non !
Pourquoi ? Parce que c’est le projet qui m’intéresse, et sans connaitre ces gars là, le truc me semble tout de suite intéressant.
Pourtant, ils ne sont pas dans une boite minuscule, ils n’ont pas 18 ans, ils ne sont pas sans argent, ils ne sont pas mi-nounouilles.

Je vais oser vous donner le fond de ma pensée : je crois concrètement que ceux qui peuvent trouver les meilleures idées en plus grand nombre ne sont justement pas des startup. Je parle des idées innovantes, fortement viables, promises à une croissance importante et rapide…

Ce n’est qu’un sentiment… il me faudrait davantage m’immerger dans ces évènements startup pour juger vraiment.
Mais lorsque j’y suis allé pour la dernière fois, j’étais tellement attristé de voir une majorité de projets qui auraient mérités d’être remis en question, d’être confrontés (voire des projets d’évidence absolument pas viables), qui étaient alors encensés par des envolées lyriques de politiciens et communicants tout à fait ignares du pragmatisme digital, et qui ont du bien trop laisser penser à ces jeunes pousses que leur projet était tout à fait féérique et qu’il suffisait d’attendre que l’argent tombe du ciel en avançant tout droit vers le précipice.

Bref. Ce qui est certain, c’est qu’un excellent projet peut être tout aussi bien porté par un jeune entrepreneur indépendant que par une grande entreprise plus ancienne.
J’ai même tendance à penser que l’une alliée à l’autre est peut être une sacrée alchimie.Et en tous cas, économisez 7 caractères dans vos tweets, parce que Startup ou pas Startup, aucun des deux états n’est gage de réussite, d’échec, ou de quoi que ce soit d’autre pour le projet porté. Encore moins qu’il soit promis à une croissance importante et rapide.

Si vous avez vent d’un concours de projets innovants qui s’intéresse aux projets, à tous les projets et rien qu’aux projets (et pas aux tailles de société), s’il vous plait, faites moi signe.

Et si vous voulez m’inviter à des évènements « startup » pour me montrer à quel point je me goure… je viendrai avec grand plaisir !  :-)

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